Sans-abrisme et mal-logement : j’interroge le Ministre Julien Denormandie

Sans-abrisme et mal-logement : j’interroge le Ministre Julien Denormandie

Dans le cadre de la semaine de contrôle de l’action du Gouvernement, j’interrogeais, ce mercredi 5 février 2020 dans l’Hémicycle, le Ministre chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, sur les politiques mises en œuvre.

Ma question au Ministre Julien Denormandie :

« Voilà moins d’une semaine, dans son vingt-cinquième rapport sur l’état du mal-logement en France, la Fondation Abbé Pierre alertait sur l’isolement et le manque d’accompagnement des personnes sans domicile. Garantir le droit au logement de manière inconditionnelle et pour tous constitue un devoir de solidarité – et pour cause : comme cela a été dit, 4 millions de personnes demeurent mal logées et 900 000 personnes restent privées de logement personnel.

Conscient de cette situation, vous vous êtes pleinement engagé, monsieur le ministre, avec le Gouvernement et la majorité parlementaire, dans la lutte contre le sans-abrisme et le mal-logement, avec une volonté constamment réaffirmée : permettre à tous nos concitoyens de vivre rapidement et durablement dans un logement décent et de qualité.

C’est tout le sens du plan Logement d’abord. Lancé le 11 septembre 2017, il vise à trouver durablement un logement aux sans-abri, au-delà des solutions d’urgence : la construction de HLM aux loyers très bas, l’intermédiation locative ou le renforcement de l’accompagnement social vers et dans le logement constituent autant d’actions majeures de ce plan. Les résultats sont déjà visibles : comme vous l’avez souligné, en deux ans, plus de 150 000 personnes sont sorties de la rue ou d’un centre d’hébergement et ont pu accéder à un logement grâce au plan que nous promouvons. Je le constate moi-même dans mon département des Hauts-de-Seine.

Cependant, malgré nos efforts, les réformes et les moyens inédits mobilisés, beaucoup reste à faire, tant les besoins sont importants. Trouver un « chez-soi d’abord » pérenne et digne est un préalable primordial à toute insertion dans notre société. Il nous faut accompagner les publics fragiles, notamment à travers le retour à l’emploi.

Monsieur le ministre, vous avez annoncé récemment le lancement d’un service public « de la rue au logement », dit aussi « Samu de la rue ». Je veux saluer cette initiative, mais souhaiterais obtenir des précisions concrètes sur ce dispositif. Pouvez-vous nous en dire plus sur son expérimentation prévue en Île-de-France, ainsi que sur ses objectifs et son financement, estimé, me semble-t-il, à 3 millions d’euros ? »

La réponse du Ministre Julien Denormandie :

« Comme je l’indiquais à vos collègues, je suis convaincu que la lutte contre le sans-abrisme impose non seulement une très grande détermination en matière de mise à l’abri et d’hébergement d’urgence, mais aussi l’application de la politique du Logement d’abord adoptée par la majorité présidentielle dans cet hémicycle. Cette politique a bénéficié à 150 000 personnes en deux ans ; l’enjeu consiste désormais à changer d’échelle. C’est l’objet de l’acte 2 du Logement d’abord que nous avons lancé.

Parmi les éléments de réponse, au-delà des augmentations de crédits que vous avez votées et de l’accompagnement supplémentaire que nous assurons, une conviction me conduit aujourd’hui à expérimenter la création d’un « Samu de la rue au logement » : pour accompagner rapidement les personnes accueillies dans un centre d’hébergement d’urgence vers un logement pérenne, il faut que des travailleurs sociaux spécialisés dans l’accompagnement viennent, lorsque cela est nécessaire, appuyer celles et ceux qui travaillent déjà dans ces centres – et qui font d’ailleurs un boulot formidable. Des infrastructures, notamment en Île-de-France possèdent déjà cette compétence et avaient expérimenté des actions d’accompagnement individualisé spécifique pour orienter des personnes vers du Logement d’abord – je songe par exemple au groupement d’intérêt public Habitat et interventions sociales, le GIP HIS.

La création de ce dispositif repose, en quelque sorte, sur la même intuition que celle qui avait conduit, au début des années 1990, les fondateurs du Samu social – que je salue –, à vouloir concilier l’accompagnement de santé et l’hébergement d’urgence : j’estime qu’il faut aujourd’hui concilier l’accompagnement vers le logement avec l’hébergement d’urgence. La structure sera dotée d’un budget de 3 millions d’euros, et trente à quarante personnes seront recrutées pour pouvoir dépêcher, dans tous les centres d’hébergement d’urgence qui le souhaitent, des travailleurs sociaux spécialisés afin d’assurer un accompagnement rapide vers le Logement d’abord. Telle est l’idée qui sous-tend le « Samu de la rue au logement » et l’expérimentation que nous lançons. »

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