Stationnement : ma lettre ouverte au Maire de Montrouge

En circonscription
Stationnement : ma lettre ouverte au Maire de Montrouge

Très préoccupée par la hausse des tarifs du stationnement à Montrouge, j’ai interpellé Etienne LENGEREAU, Maire de la ville, sur cette mesure non concertée et sa politique des mobilités.

Retrouvez en intégralité mon courrier à son attention :

 

Paris, le 21 mars 2018

Monsieur le Maire,

Alors que votre conseil municipal s’apprête de nouveau à délibérer sur les nouvelles règles et tarifs de stationnement public, je me permets d’appeler votre attention sur le sentiment d’injustice et d’incompréhension exprimé par de nombreux Montrougiennes et Montrougiens quant à cette réforme applicable au 1er janvier 2018.

Respectueuse du principe de libre administration des collectivités, je crois toutefois de mon devoir, en ma qualité de Députée de la 11e circonscription, de vous alerter ainsi que votre majorité sur plusieurs points de cette réforme.

Les habitants de la ville de Montrouge ont découvert, à la fin du mois de décembre 2017, les nouveaux zonages, horaires et tarifs de stationnement, en trouvant dans leur boîte aux lettres un fascicule de la société Indigo, délégataire de service public retenu par la ville de Montrouge pour en gérer le stationnement. L’absence de toute concertation préalable autour de cette réforme et les mesures annoncées ont suscité la mise en ligne d’une pétition (recueillant à ce jour près de 1.946 signatures) et la création du Collectif des Montrougiens en colère contre le stationnement (COMECS) qui a organisé deux manifestations dénonçant, d’une part, cette nouvelle politique tarifaire et, d’autre part, le refus de toute réunion publique sur le sujet. Vous avez toutefois accepté de recevoir ses représentants, à huis clos, le 29 janvier et le 5 février derniers, afin d’engager un dialogue et en concédant quelques modifications du zonage et du tarif initialement prévus.

Au-delà de la communication brutale qui entoure cette réforme, les mesures qu’elle renferme (tarifs, zonages, horaires) suscitent la colère de très nombreux habitants, qui m’ont interpellée sur le fondement législatif de ces décisions.

La loi dite MAPTAM (Modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) promulguée le 27 janvier 2014, permet aux collectivités une autonomie de gestion de leur stationnement payant de surface à partir du 1er janvier 2018. Elles peuvent ainsi fixer les tarifs de stationnement et de « forfait post stationnement » et en déléguer la gestion du service à un tiers. Cette dépénalisation des amendes telle que prévue par la loi MAPTAM ne supposait pas l’explosion des tarifs de stationnement résidentiel que vous avez annoncée à nos concitoyens. Cette politique tarifaire place ainsi Montrouge parmi les villes les plus chères de France et d’Île-de-France.

Ainsi, pour un abonnement résidentiel, il en coûtera 400 euros par an par véhicule (information indiquée sur la plaquette INDIGO apparaissant sur le site de la Mairie de Montrouge au 21 mars 2018), un montant doublé pour deux véhicules. En cas d’abonnement mensuel, il en coûtera 50 euros (hors achat de la carte de résident). Le nouveau tarif résident zone verte (stationnement de longue durée), annoncé le 1er janvier, s’élevait à 11 euros par jour (quand il est de 1,50 euros à Paris et de 2,50 euros à Neuilly, et 0,9 euros à Montrouge avant cette refonte des tarifs). Le tarif à la semaine dans cette zone s’élève à 20 euros (50 euros pour le mois), quand il est de 15 euros à Levallois et de 28 euros à Boulogne-Billancourt.

Certes, vous avez annoncé vouloir revenir sur certains tarifs, sur une partie du zonage, sur quelques horaires, ainsi que sur la gratuité de la carte d’abonnement (initialement facturée 30 euros). Néanmoins les tarifs demeurent bien plus élevés que ceux de la ville de Paris.

Il est indispensable de mesurer l’impact d’une telle politique sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens, sur l’activité de nos commerçants, sur les déplacements des artisans, sur la création d’emplois, ou encore sur les personnes qui rendent régulièrement visite à leurs proches et à leurs amis Montrougiens.

Ces choix politiques en matière de stationnement et de mobilité sont perçus comme incohérents car non organisés et non concertés avec les habitants et les villes avoisinantes, qui subissent d’ores et déjà un report de stationnement sur leur territoire. Cette mesure se veut d’ailleurs d’ores et déjà contre-productive et à rebours des politiques que la région Île‑de‑France mène en faveur des mobilités propres puisque certains de nos concitoyens, qui empruntaient jusqu’alors les transports en commun, arbitrent désormais en faveur de la réutilisation de leur véhicule, avec l’enjeu de congestion du trafic et de pollution que cela implique.

Une colère rare s’exprime depuis plusieurs semaines dans la ville de Montrouge vis‑à‑vis de la réforme du stationnement que vous portez, incomprise par une grande partie de nos concitoyens et perçue comme injuste. Il nous faut savoir l’entendre, sans mépris ni instrumentalisation.

Je me permets ainsi, par la présente, de solliciter votre attention sur les contre-propositions qui vous ont été adressées par le COMECS le 15 mars dernier, dans une démarche constructive n’appelant pas au retrait de votre réforme mais à quelques concessions.

Par ailleurs, les membres du COMECS demeurent dans l’attente d’une réunion publique d’échanges et d’information sur ce sujet structurant pour la ville de Montrouge.

Comptant sur votre compréhension et votre souci de la concertation, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes sincères salutations.

 

Image liée à cet article sous licence CC0 Creative Commons.

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