Ségur de la santé : des accords historiques pour nos soignants et notre système de santé

Ségur de la santé : des accords historiques pour nos soignants et notre système de santé

Face à la pandémie de Covid-19 qui a frappé notre pays, nos professionnels de santé ont fait preuve d’une mobilisation sans faille dans un contexte sanitaire inédit. Je veux de nouveau saluer l’engagement admirable de l’ensemble de nos soignants, pompiers, forces de secours, personnels mobilisés dans les EHPAD ou à domicile, personnels des CMS, pharmaciens, personnels de laboratoires, et de tous les professionnels travaillant dans le domaine de la santé. Grâce à eux, tant de vies ont été sauvées.

Il nous faut également tirer les leçons de cette crise qui appelle, plus que jamais, la nécessité de mieux reconnaître leur travail et de repenser ensemble le fonctionnement notre système de santé.

Face aux difficultés accumulées par notre système de santé depuis de nombreuses années, le Président de la République s’était engagé, dès le mois de mars dernier, à revaloriser les carrières et à réformer notre système de soins.

L’engagement pris a été tenu : au terme de 50 jours de concertation, le Ségur de la Santé a permis d’aboutir, le 13 juillet 2020, à la signature d’un accord historique entre le ministère des Solidarités et de la Santé et l’ensemble des acteurs de la santé, intégrant des revalorisations salariales de 180 à 500€ nets par mois pour 1,8 million de personnels soignants dans les hôpitaux, EHPAD et cliniques (8 milliards d’euros). A ces hausses de salaires, s’ajoutent un plan de 15 000 recrutements, un investissement de 6 milliards pour moderniser les hôpitaux et les EHPAD, une reprise de la dette des hôpitaux à hauteur de 13 milliards.

Les conclusions des travaux du Ségur de la santé se structurent autour de 4 piliers :

1. La transformation des métiers et la revalorisation de ceux qui soignent

Aujourd’hui, le niveau de reconnaissance des métiers de la santé, les contraintes sur le temps de travail et le niveau de développement de la promotion professionnelle et des carrières pèsent sur le quotidien des professionnels et découragent les nouvelles vocations. Afin de revaloriser ces métiers et d’améliorer l’attractivité des carrières, les accords du Ségur consacrent donc, pour un effort total de 8,2 milliards d’euros par an :

  • 7,6 milliards d’euros par an à la revalorisation de l’ensemble des métiers non-médicaux dans les établissements de santé et médico-sociaux des secteurs publics ou privés, et au recrutement de 15 000 personnels ;
  • 450 millions d’euros par an à l’attractivité de l’hôpital public pour les praticiens hospitaliers ;
  • 200 millions d’euros par an à la revalorisation des indemnités de stage et émoluments d’internats, à la revalorisation des gardes pour les internes.

En savoir plus sur les hausses de rémunération : cliquer ici

Dans ce même objectif, des mesures ambitieuses seront notamment mises en place pour permettre une forte augmentation du nombre de professionnels paramédicaux formés, favoriser l’exercice mixte des médecins entre ville et hôpital, lancer une réflexion autour d’une profession médicale intermédiaire et permettre aux établissements publics de santé de négocier et d’aménager leur temps de travail.

2. La définition d’une nouvelle politique d’investissement et de financement au service de la qualité des soins

Les financements et les investissements dans le secteur de la santé doivent inciter à la recherche de la qualité des soins, encourager les coopérations et permettre de répondre aux réels besoins en santé de la population d’un territoire.

Dans ce contexte, 19 milliards d’euros seront investis pour financer la transformation de notre système de santé et du quotidien de ses professionnels : 13 milliards d’euros seront consacrés à une reprise de la dette des établissements du service public hospitalier et 6 milliards d’euros supplémentaires seront dédiés à l’investissement, la rénovation et l’équipement des établissements médico-sociaux.

Ces accords prévoient également l’ouverture ou la réouverture de 4000 lits « à la demande » dans les structures de médecine, et l’accélération de la transition écologique à l’hôpital et dans les établissements médico-sociaux.

3. La simplification des organisations et du quotidien des équipes de santé pour qu’ils se consacrent en priorité à leurs patients

Si les procédures administratives de notre parcours de santé sont actuellement complexes et pèsent sur le fonctionnement de notre système, cette complexité peut être dépassée.

Pour permettre aux équipes de se consacrer pleinement à leurs patients, les accords prévoient entre autres :

  • De donner plus de marges de manœuvre et de responsabilité aux services hospitaliers ;
  • De permettre à chaque établissement de proposer et d’adapter son organisation interne à son contexte local et à ses projets ;
  • De simplifier les procédures administratives et de libérer du temps pour les professionnels ;
  • De mieux associer les soignants et les usagers à la vie de l’hôpital.

4. La fédération des acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers

Dans les territoires, les acteurs de l’offre de soin sont multiples et relèvent de différents champs, leur coordination est donc indispensable pour garantir l’efficacité et la qualité des soins. Dans ce cadre, des mesures seront mises en œuvre pour :

  • assurer le développement de la télésanté dans tous les territoires avec la levée des freins à la téléconsultation ;
  • lutter plus massivement et plus efficacement contre les inégalités de santé, en garantissant une prise en charge globale à l’hôpital comme en ville grâce à la pluridisciplinarité des équipes, et à des dispositifs nouveaux pour toucher les plus exclus ;
  • améliorer la prise en charge des personnes âgées et l’accès au soin des personnes en situation de handicap.

Je me réjouis de la signature de ces accords et de la qualité des travaux du Ségur de la Santé qui marquent la reconnaissance de la Nation à ses soignants et retiennent de la crise traversée des enseignements qui faciliteront leur quotidien, en bâtissant les fondations d’un système de santé encore plus moderne, plus résilient, plus innovant, plus souple et plus à l’écoute de ses professionnels, des usagers et des territoires.