Grand Paris Express : j’auditionne le nouveau Président

Grand Paris Express : j’auditionne le nouveau Président

La Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, dont je suis membre, auditionnait M. Jean-François Monteils avant sa prise de fonction en tant que Président de la Société du Grand Paris (en charge du déploiement du futur métro du Grand Paris Express).

Au nom des députés LaREM, je l’interrogeais le 10 mars sur 3 points cruciaux et essentiels à la réussite de ce projet : rassurer et associer les élus ; maîtriser les coûts et le calendrier ; stabiliser les équipes.

Je reste très mobilisée sur les questions de transports et particulièrement attentive à ce que la ligne 15 Sud du Grand Paris Express – qui desservira bientôt Bagneux, Malakoff et Montrouge – soit livrée dans le respect du calendrier prévu (2025).

Le compte-rendu de mon intervention :

« Monsieur le Président, Mes chers Collègues, Monsieur Monteils,

Nous vous remercions de nous avoir exposé en détails la stratégie qui sera la vôtre dans les fonctions pour lesquelles nous vous auditionnons ce matin : celles de président du directoire de la Société du Grand Paris, la SGP.

Permettez-moi avant tout de rendre hommage au travail accompli par vos prédécesseurs et toutes les équipes de la SGP. Je sais le travail et la pression qui sont les leurs pour mettre sur les rails les 200 km de lignes automatiques et 68 gares du Grand Paris Express.

Elue dans les Hauts-de-Seine, dans une circonscription qui inaugurera la première ligne – la 15 Sud – en 2025, je suis tout autant attachée aux autres lignés (16, 17, 18) car je suis convaincue que ce projet de métro circulaire automatisé autour de Paris n’aura véritablement de sens qu’une fois achevé dans sa circularité. Sur ce point, je ne vous cache pas que l’inquiétude des parlementaires et des élus locaux franciliens est réelle. Tant sur le calendrier que sur la capacité de la SGP à mener ce projet à son terme.

A cet égard, voici les 3 points sur lesquels nous souhaitons insister et vous entendre ce matin :

Premièrement, l’indispensable association des élus. Si ce projet est éminemment technique, il est avant tout politique et exige une association étroite des élus. Car au-delà des lignes et des gares, ce sont des projets de villes, de quartiers, d’aménagement  qui ont été pensés par ces élus, avec l’impact que l’on peut imaginer en matière d’urbanisme, de développement économique ou de logement. Modifier le calendrier ou le projet, c’est à chaque fois remettre en cause ces projets et ces investissements. Comment entrevoyez-vous la collaboration avec les élus locaux ? Pouvons-nous compter sur un respect intangible des engagements pris ?

Ma deuxième question porte sur l’enjeu crucial de la pérennisation des financements afin de sécuriser le projet dans la durée et dans la totalité, ce alors que la Cour des comptes en 2017 et le parlement ont pointé une dérive budgétaire très préoccupante. Quelle sera votre stratégie de maîtrise des coûts ? Votre prédécesseur affirmait avoir sécurisé 27 milliards d’euros sur les 35 milliards, soit 80 % du projet, confirmez-vous cette information ?

Enfin, la réussite de ce projet titanesque tient aux équipes de la SGP, que nous, législateurs, avons d’ailleurs renforcées. Quelle politique des ressources humaines souhaitez-vous mettre en œuvre pour éviter la rotation qui nuit à la continuité des projets ?

En définitive, les trois questions que je vous pose (concertation des élus, financement, ressources humaines) visent à nous assurer de la continuité et de la faisabilité de ce projet. Les habitants de la région Ile-de-France et du Grand Paris ont besoin d’être rassurés, en tant que contribuables et futurs usagers.«