Conférence sur le Grand Paris : je co-préside le colloque et interviens sur la métropole écologique et connectée

Conférence sur le Grand Paris : je co-préside le colloque et interviens sur la métropole écologique et connectée

Lors de cette 5ème Conférence sur le Grand Paris ouverte par le Ministre de la Cohésion des Territoires Jacques MÉZARD je suis intervenue aux côtés d’autres élus franciliens sur la nécessaire modernisation des transports en Île-de-France et les défis pour des mobilités plus propres.

J’ai également rappelé que le Grand Paris doit être un projet d’infrastructure au service d’objectifs de développement économique, social et urbain, au bénéfice de tous les Franciliens

Retrouvez le contenu de mon intervention dans le compte-rendu ci-dessous :

Merci et bonjour à tous, merci d’être présents si nombreux pour cette conférence sur le Grand Paris.
Je vous remercie de votre invitation et aimerais d’emblée rebondir sur l’intitulé même de cette table ronde : le Grand Paris Express, clé de voûte de la modernisation des transports franciliens. Cet intitulé fait écho au projet politique actuellement porté par le gouvernement en matière de mobilité et d’infrastructures de transports, lequel est inédit.

Nous sommes à un tournant, un point de rupture dans le traitement de la mobilité et des infrastructures de transports dans notre pays. Et ce, à un triple titre, puisqu’un changement de paradigme complet dans le traitement de nos infrastructures donne désormais la priorité à la modernisation du réseau existant, même si, et il faut s’en féliciter, le Grand Paris fait exception dans cette pause observée autour des grands projets d’infrastructures. Cette forte volonté de moderniser le réseau existant sera soutenue par près de 4,2 milliards d’euros, tel qu’il est prévu par le projet de loi de finances 2018.

Cette modernisation s’opérera en vue d’un repositionnement complet autour de l’usager et ses besoins en mobilité, d’où les Assises de la mobilité lancées le 19 septembre dernier, qui ont vocation, par une très large concertation des acteurs publics et privés, mais aussi des citoyens, à contribuer à l’élaboration des transports de demain.
Enfin, la méthode des Assises est inédite en ce qu’elle se fonde sur la concertation et sur une gouvernance nouvelle en l’instance du Conseil d’orientation des infrastructures. De plus, d’ici quelques semaines ou quelques mois, un projet de loi de programmation pluriannuelle de nos infrastructures de transports est attendu.
Le Grand Paris Express est bien entendu une opportunité dont le bien-fondé est évident. Ce projet est un impératif en matière de desserte et d’accessibilité pour nos usagers, d’attractivité et de rayonnement pour Paris, l’Île-de-France, et notre territoire dans son intégralité. Le Grand Paris est, en effet, essentiel au rayonnement de notre pays à l’échelle internationale. Si nous souhaitons en faire de Paris une ville-monde, à l’image de Londres, de Hongkong, de San Francisco ou de New York, de tels projets d’infrastructures et d’aménagement se révèlent comme une impérieuse nécessité. À cet égard, les Jeux olympiques de 2024 et, je l’espère, l’Exposition universelle 2025, seront des atouts majeurs pour notre pays et la région capitale.

Le Grand Paris Express est également un formidable levier économique puisque ses 200 kilomètres de lignes nouvelles sont porteuses de près de 15 000 emplois et représentent 60 milliards de PIB en plus sur quinze ans. En tant qu’élue des Hauts-de-Seine, mon territoire se verra doté d’une nouvelle gare dans la ville de Bagneux, et deux autres gares qui bien que non positionnées sur mon territoire en renforceront l’accessibilité. Je sais, tout comme les habitants et les acteurs du territoire, combien ces projets permettront à notre territoire de se transformer, de se désenclaver, de s’ouvrir, de se développer, de créer des emplois et de la mixité.
Ces nouvelles infrastructures devront être et seront plus connectées, intermodales, soutenables et plus propres. L’objectif du Grand Paris Express de réduire de 2 % les émissions de CO² dans l’industrie des transports franciliens répond à ces exigences. Ces infrastructures devront en outre être plus sûres et plus fiables, notamment au regard du temps de parcours, lequel demeure une exigence formulée par les usagers qui empruntent chaque jour notre réseau de transports. Le coût, le temps de parcours et le confort sont en effet les trois priorités des usagers.

Néanmoins, trois observations doivent être faites à propos du Grand Paris.

Si le pari de l’interconnexion est tout à fait intégré au projet (puisque 80 % des gares seront interconnectées aux réseaux de métro, RER, bus, tramway), il nous faudra en revanche nous pencher davantage sur l’exigence d’intermodalité. Cela consistera à faire en sorte que les 66 68 gares nouvelles soient des pôles d’échanges pleinement intégrés dans les futurs aménagements, tout en tenant compte des mobilités douces, de l’autopartage, du covoiturage, mais également du stationnement, car il ne faut pas oublier que la voiture individuelle demeure le premier mode de transport des Français. En effet, 85 % des Français disposent d’une voiture individuelle, et 59 % l’utilisent quotidiennement. Il sera de plus nécessaire d’optimiser les correspondances, renforcer les fréquences, travailler sur les grilles d’horaires, travailler sur les usages afin que l’accès à l’information soit intégré au parcours global. Sur ce dernier point en particulier, le numérique et le déploiement d’application idoines seront d’un grand recours. Citymapper est un exemple d’application permettant d’organiser des parcours multimodaux. Il nous faudra, par ailleurs, travailler sur le concept de billettique intégrée, c’est-à-dire sur des supports de réservation et de paiement qui permettront aux usagers de pouvoir emprunter en toute simplicité l’ensemble de l’offre des transports de manière multimodale et intermodale.

Le Grand Paris doit, de plus, nous conduire à réfléchir aux déplacements au sens large, et à chercher à réduire certains d’entre eux. Des travaux en matière de télésanté et de télétravail prennent ici toute leur pertinence. Le rapprochement des travailleurs, c’est-à-dire le rapprochement lieu de travail-domicile, représente tout l’enjeu de la « Stratégie Logement » que nous sommes en train de définir et de mener au sein du gouvernement et du Parlement. Nous appréhendons, en effet, la politique du logement en lien avec la politique de la mobilité.

Un travail sur les temps et les flux doit, par ailleurs, être conduit, notamment à l’égard des horaires d’entrée et de sortie des salariés. De sorte que les flux pourraient être mieux étalés sur la journée, et ainsi optimisés. Des réflexions sont en cours en matière de politique tarifaire afin de mettre en place concrètement cette gestion des flux. Un système tarifaire modulable permettrait en effet d’atteindre cet objectif d’optimisation des flux. Ce système a, certes, ses limites, mais il ne doit pas être négligé pour autant.
La seconde observation introductive que j’aimerais vous présenter porte sur l’importance de ne pas réduire la Métropole du Grand Paris MGP) au seul projet du Grand Paris Express. Évidemment, ce dernier a été décisif pour la création de la MGP. Néanmoins, la MGP doit parvenir à s’extraire de cette seule dimension de transport afin de se tourner vers une politique plus large et plus intégrée de la ville, de son aménagement, de son développement économique. En somme, il s’agit de ne pas adosser le fait métropolitain au seul Grand Paris Express en concevant un projet politique qui intègre et dépasse la seule politique de transport.

L’approche intégrée de la mobilité tente d’œuvrer en ce sens. La mobilité, appréhendée sous toutes ses formes (sociale, professionnelle et physique au travers des infrastructures), doit être la clé de voûte de cette ambition politique. En effet, la mobilité physique entrave les mobilités sociales et professionnelles. Aussi, la mobilité doit-elle être traitée dans son ensemble, comme je le disais à l’instant, au travers de la stratégie de logement d’une part, et mais aussi au travers des mesures de développement économique que nous pourrons mettre en œuvre à l’échelle nationale comme locale.

Le projet du Grand Paris Express doit, de plus, être examiné au vu du risque de densification qui peut être une opportunité économique et sociale aussi bien qu’un trouble. Et en effet, la hausse du prix du foncier que cette densification entraînerait inquiète certains élus, mais aussi la population locale. Cette hausse constituerait une barrière à la mixité et au vivre-ensemble, qui représentent pourtant tous deux des exigences politiques. C’est pourquoi nous devons veiller à certains équilibres autour des aménagements qui seront faits aux abords des gares nouvelles.

La dernière observation que j’aimerais vous faire partager concerne la gouvernance du projet. La métropole du Grand Paris représente une formidable opportunité de mise en place d’une stratégie territoriale concertée et une véritable dynamique économique au-delà du seul secteur des transports. Néanmoins, le rôle des différents acteurs mobilisés sur l’Île-de-France est encore trop peu lisible. Quel acteur est chargé de quel projet ? Quels sont les compétences et le périmètre impartis à chacun ? Beaucoup d’élus locaux reconnaissent leur incompréhension de cette organisation et de sa gouvernance. Une clarification, tant sur les contours que sur les compétences, s’impose donc en la matière. La conférence nationale des territoires de début novembre devrait sans doute permettre de clarifier l’organisation de ces structures, dont la complexité est indéniable.

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